Comment j’ai réussi l’échec à Wall Street !

 

De 2001 à 2007 j’ai connu en France, grâce à mes agences immobilières, ce que l’on appelle la successful story. Je suis passé de 2 à 35 merveilleux collaborateurs, multiplié par 6 mon chiffre d’affaire … maintenant celà s’appellerai une start-up.

En 2007 je vends mes agences et décide d’émigrer aux USA pour connaître le rêve américain.

Fort d’une expérience réussie dans l’immobilier en France avec une équipe formidable, je faisais déjà des allers-retours à New York plusieurs fois, je venais de perfectionner mon anglais pendant un an, je croyais être prêt …

 

The American Dream 

C’est alors que plein de courage et de motivation je me lance dans l’aventure et songe à ouvrir une agence immobilière Century 21 à Wall Street, beau projet ! En association avec des locaux, jusque là tout va bien.

Tout juste arrivé, mon 1er appartement est au 45 Wall St, ma salle de gym Equinox au 14 Wall Street.

Et oui aux premières loges pour assister au désastre !

Peu de temps avant Bernanke, alors directeur de la FED, annonçait : « il n’y a pas de récession ».

Hum ! Dans le sauna d’Equinox Wall Street c’était plutôt : « on essaie de sauver ce que l’on peut, ça va être un raz de marée ».

Arrive alors la crise de 2008, c’est un désastre aux USA, nous pouvons le résumer ainsi : Le spectacle est terminé, rentrez chez vous Messieurs, Mesdames …

Wouaouh ! Et mon projet ? Chanceux, un autre « détail » me fait sortir du projet.

Les potentiels associés locaux ferment, tout ferme d’ailleurs.

Que faire ?

Avoir de l’expérience dans son métier c’est important.

Des clients acheteurs bien sûr ! Tout le monde en cherche !

Je contacte alors le réseau de franchise RE/MAX sur les conseils d’un autre broker Canadien.

Grâce à leur réseau très performant en Amérique du nord je pourrai amener à mes agents de nouveaux prospects. L’Amérique est à vendre vendons là !

Et oui bien sûr, ça c’est beau sur le papier.

Mais monter une agence à New York, c’est plus coûteux et ça demande plus d’expérience que prévue. Juste quelques millions de dollars, pour le faire correctement.

De plus pensez vous que les énormes agences en place vont apprécier ?

Heureusement, un autre « détail » me fait sortir du deal.

 

The American Nightmare

Me vient alors la plus mauvaise idée du siècle : sortir de mon domaine de compétence, dans un des métiers les plus durs, dans la ville la plus dure au monde !

Est ce du courage ou de l’inconscience ? Je n’ai jamais pu répondre à cette question.

Et me voilà parti dans la restauration.

Je ferai bref sur cette expérience : j’étais nul, j’en ai bavé, j’y ai laissé santé et finance.

 

La solution

Comme dit le proverbe breton que citait Michel Edouard Leclerc au West Web Festival : « Quand les mouettes ont pied il est temps de virer »

Ayant compris qu’il vaut mieux faire ce que l’on sait faire, je retourne dans l’immobilier.

Mais dans une partie que je ne maitrisais pas : l’immobilier commercial, ça s’est plus ou moins bien passé.

Par contre dés que j’ai pu revenir à l’immobilier résidentiel tout était simple et limpide.

Enfin 6 mois avant l’expiration de mon visa je décide de rentrer.

 

New York 

On dit de New York que c’est une ville de survivants, c’est vrai.

La femme d’un ami le résume ainsi : New York c’est un marathon, à chaque mètre il y en a qui tombent !

Lisez « Le Bucher des vanités » de Tom Wolfe, et vous comprendrez tout !

Ceux qui y ont vécu quelques années le savent.

 

La leçon

A New York j’ai appris le monde, la vie, la vraie vie.

Celle des gens qui partent de pays où leur femme s’est faite violée ou assassinée, où la guerre est le quotidien, où la vie n’a rien de nos journées metro-boulot-dodo ! Les immigrants qui arrivent comme ils peuvent et font ce qu’il peuvent : du Mexique, du Mali, du Burkina Faso, de pays de l’Est dont on n’a jamais entendu parler, les Chinois, les Indiens, les Afghans, et oui c’est ça aussi l’Amérique, un refuge organisé pour opprimés. Leur 2ème et unique chance.

Celle des classes moyennes européennes qui arrivent en voulant conserver leur niveau de vie, et hop l’ascenseur social automatique New York les fait descendre. Et oui on ne boxe pas dans la même catégorie, n’oublions pas que pour qu’une famille de 2 cadres avec 2 enfants ait l’équivalent de ce qu’ils ont en France leur salaire annuel cumulé doit être au dessus de $650 000.

Celle des gens très riches, milliardaires empêtrés dans des problèmes sans fin, mais sauvés par un train de vie fastueux. Un vie risquée tous les jours, loin du glamour des magazines, mais tellement belle à regarder et à fréquenter. Et oui c’est aussi ça l’Amérique, peu de barrières sociales, le rêve accessible en permanence, loin des castes du système français.

J’y ai appris l’humilité celle qui fait que l’on accepte que tout le monde n’ait pas eu la même chance au départ ou dans la vie.

« Quand tu seras tenté de critiquer quelqu’un, songe que tout le monde n’a pas joui des mêmes avantages que toi »  Francis Scott Fitzgerald

Tout le monde a ses problèmes, alors que ce n’est pas la peine d’en rajouter.

Chacun a sa vie, ses goûts, il faut laisser les gens vivre à leur façon, nous sommes tous différents, et heureusement.

Bien entendu tant qu’ils ne nuisent pas volontairement à votre bien être.

Que chacun fait du mieux qu’il peut.

Mais ce que j’ai surtout appris, c’est que ce n’est pas parce qu’on réussit une fois, quelque part, dans un domaine, que cela se répètera sans cesse.

Notre réussite est due à un cumul de compétences, de rencontres, d’un lieu, d’une époque, d’une part de chance aussi.

 

La réussite de l’échec

On célèbre ses victoires et l’on apprend de ses échecs.

L’échec, si maudit en France, est synonyme de maturité aux USA.

Sortir de sa zone de confort, tester de nouvelles idées, chuter et rechuter, et apprendre.

Les plus grands recruteurs aux USA cherchent des personnes qui ont connu l’échec. Et il ont raison. Un parcours simple, rectiligne, une carrière sans accrocs, emballé dans du politiquement correct convient-il à une époque où tout est remis en question, où les personnalités sont plus que jamais mises en avant ?

« Les plus grandes erreurs stratégiques sont dues à l’ego démesuré du dirigeant qui prend le pas sur la raison » Pascal Demurger Groupe MAIF.

C’est mon histoire : avoir cru que je savais quand je ne savais rien, que je pourrai quand je ne pouvais pas, que j’arriverai à combattre dans le Vietnam du business, que je serai plus fort que le roi New York.

C’est ma meilleure expérience : avoir appris que tant que tu es en vie et que tu manges il n’y a pas de danger, que prendre du recul joue toujours en ta faveur, que le courage c’est de s’attaquer à plus fort et pas l’inverse, que vivre c’est apprendre, pas posséder, qu’il y a toujours plus fort et plus riche que soi.

J’ai donc appris que nous ne sommes rien, mais que nous devons participer au bien-être de notre communauté du mieux que l’on peut.

Depuis je suis revenu dans l’immobilier résidentiel, en France. L’adaptation après 8 ans aux USA n’a pas été facile, en raison de fortes différences culturelles. Mais bon, je ris maintenant de voir ce que j’étais avant.

J’ai eu l’immense chance de connaitre l’échec !!!

« L’échec est le fondement de la réussite » Lao Tseu

 

Cet article participe à l’événement inter-blogueurs “Cette expérience qui m’a rendu(e) meilleur(e)” organisé par le blog Recouvrement Facile. Pour découvrir d’autres histoires inspirantes, cliquez ici.

 

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Jacques Doassans

 

En complément vous pouvez aussi consulter mon autre blog : Le Déj Immo

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Une pensée sur “Comment j’ai réussi l’échec à Wall Street !”

  1. Bonjour Jacques,

    Je tombe sur votre blog après une recherche sur Twitter #immobilier #NewYork.

    Expérience intéressante et courageuse de lancer une agence immobilière à NYC. Dommage que le timing soit si mal tombé.

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